C'est donc parti pour 3 jours de traversee direction Uyuni. Les paysages que nous croiserons sont... incroyables, et je ne vais donc pas essayer de les decrire, vous ne me croiriez pas. Comme, en plus, on n'a pas de photos (pour l'instant), on va invariablement se faire traiter de mytho. Tant pis.
***Premiere journee:
Apres un passage eclair a la douane (jamais vu des douaniers aussi cool), a plus de 4000m deja, direction la laguna verde, a 4500m (ou sont les bouteilles d'oxygene!), festival de vert sur fond de Licancabur. Superbe, surtout quand le soleil daigne apporter une touche de vert supplementaire. On traverse ensuite, cahin caha, des paysages majestueux de desert de pierres. On se croirait au maroc. Le sable succede aux pierres, immense etendue orange entrecoupee de blocs de pierres massifs (jusqu'a plusieurs tonnes) aux formes etranges, appele desert de Dali, en hommage au peintre surrealiste qui n'aurait pas renie ces paysages... surrealistes. Au passage, nous croisons de nombreuses vigognes dont le port majestueux s'imprime sur les montagnes aux couleurs chatoyantes.
Encore plus loin, ce sont des flamands roses qui nous attendent, dans la laguna (merde, j'ai oublie le nom....). L'eau est a 39 degres, il est 10h du mat... Autrement dit l'heure du bain !!!! Magique... Comme doivent l'etre, au lever du jour, les geysers que l'on croise plus loin. Nous manquons leur temps d'activite (c'est le prix a payer pour la tranquillite...), mais les cuves bouillonnates a plus de 200 degres sont ... saisissantes, dans la chaleur du desert. Enfin (et j'en passe), c'est l'arrivee sur les bords de la laguna colorada. Une somptueuse palettes de couleurs, du jaune poussin au rouge sang, en passant par toute les gammes de vert et de bleu. Le paradis du peintre, l'oasis du photographe (Fabien va d'ailleurs y cramer une peloche entiere), la muse du poete... Un des plus beaux paysages du monde sans doute, d'autant que des milliers de flamands roses y flanent tranquillement, ajoutant une couleur a la palette... Ma plume (ou plutot mon clavier d'ordinateur) me trahit, les mots s'essoufflent, je manque de superlatif....
A 4300m, dodo dans un refuge pour le moins sommaire. Pas d'eau, pas (ou peu d'electricite), mais des bougies, des bieres et des cartes... Que demande le peuple...
*** Deuxieme journee
Journee plus tranquille pour les yeux (quoique), avec l'enchainement de 5 petites lagunas peuplees de flamands roses, qui inspire a Fabien l'elan poetique cite precedemment. C'est beau, superbe meme, mais la retine est encore imprime de l'explosion de couleur de la laguna colorada.. On passe rapidement.
Plus loin, le paysage change... On retrouve un ocean de sable perce de rocher, ou on peut cette fois grimpe, comme des cons que l'on est (on est toujours a 4000m, comme le rappelle douloureusement les poumons...). C'est la foret de pierre, aux allures de desert de Dali. En tout cas, on se marre (comme vous le verrez sur les photos, des qu'on les aura recuperees).
Plus loin, le paysage change (encore)... Apres un passage de col assez delicat pour les amortisseurs du 4*4 et les fesses des passagers, on se retrouve dans un paysage de Far West, avec vue sur le Volcan (merde, j'ai encore oublie le nom... La senilite me guette) en activite, surmonte d'un petit panache de fumee. Petit almuerzo avant de repartir pour un premier Salar, raye d'une voie de chemin de fer abandonnee au profit de larges camions aux allures de "Salaire de la peur". Beaucoup se perdent dans cet enfer blanc... Pas nous, et c'est tant mieux. Apres l'aridite salee du Salar, la pause biere au pueblo de San Juan est la bienvenue. Derriere le comptoir, une tite vieille comme on les aime qui inspire a Perrine son nouveau look... Attention les yeux !!
Quittant San Juan et son oasis houblonne, nous retrouvons un peu de vegetation a travers de larges champs de Quinoa, avant d'arriver a l'Hotel Marith, qui a cette particularite peu conmmune d'etre entierement fait de sel, du sol au plafond en passant par les murs et les tables. Tout confort... Apres un petit spectacle de jonglage au milieu des lamas et des gamins, c'est le repas (constitue des memes lamas d'ailleurs, mais pas des gamins) dans la vaisselle artisanale que les boulets du Salar subtilisent... Ils portent bien leur nom, et pourrissent la belote jusqu'a l'heure, heureusement assez totive (si ca existe), de leur coucher...
*** Troisieme journee
Depart a l'aube, a l'heure ou blanchit la campagne, soit environ 5h. Ici, il n'y a pas de campagne... En revanche, du blanc, y'a que ca, et c'est pour ca (presque) que ca s'appelle un Salar. Celui d'Uyuni, c'est pas n'importe lequel... Avec ces 11500 kilometres carres, c'est le plus grand du monde, le "tenere blanc", l'enfer de sel avec des couches pouvant atteindre 40m d'epaisseur... pour nous, au lever du soleil, c'est plutot un paradis de couleur, un festival d'orange qui se reflete sur le blanc immacule du Salar... Indescriptible, a la hauteur de la laguna colorada... Les ombres retrecissent, le soleil se leve enfin, ce faineant, et il est temps de repartir pour l'Isla del Pescado, un bout de terre impossible peuple de cactus de 10 a 12m (1203 ans les bougres) au milieu de cet ocean plat de sel. On se croirait vraiment sur une ile, jusqu'a la petite crique ou vient se garer le 4*4. On s'y promene tel Robinson et Vendredi, a la recherche du plus grand cactus et de la photo la plus debile (vous avez qq exemples en annexe)... Plus loi, toujours plus loin, au coeur du Salar, l'horizon donne le tournis. Tant de plat, tant de blanc, c'est trop. Les formes hexagonales que cree le sel rompent le paysage, et lui donnent cet aspect ... Non, decidemment, j'ai pas d'adjectif qui convienne, je crois qu'il n'en n'existe pas. Et dire, la encore, qu'on parle d'exploiter le Lithium qui se trouve sous la couche de sel... Un beau gachis, m'est avis...
Le temps de quelques photos, d'une partie de marelle dans les hexagones, et nous voila repartis pour l'usine de sel... Car des gens bossent ici, bordel ???!!! Ben oui, le corps ronge par le sel, use par le poids du travail, ils extraient le sel au peril de leur sante... 6 bolivianos (0.6 euros) la tonne, pas de quoi s'acheter un carambar... Et les femmes remplissent les sacs, jusqu'a 1.5 tonnes empaquetees chaque jour. Tout ca pour saler les frites Mc Do que des gros americains libidineux et boutonneux (et de sveltes et fort beaux francais) s'engouffrent a longueur d'annees.
Le trajet est fini, et j'en ai marre d'ecrire. Arrivee sur Uyuni, en Bolivie por fin, pour de nouvelles aventures...
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