Huyana Potosi... un petit tour sur la colline...

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Bolivie - La Paz
de , le 22-01-2007

Huyana Potosi... un petit tour sur la colline...

Pres de 2 mois que l'on traine nos guetres sur les hauts plateaux peruano-boliviens, oscillant a frequences variables entre 3000 et 4000m. Nos paumettes prennent lentement cette teinte rosee des altiplaniens, signe evident d'un fort flux sanguins dans notre organisme. Il est temps d'aller voir un peu plus haut...

Plus haut, c'est dans le massif du Huayna Potosi,a 20 km a peine de La Paz, avec un sommet qui culmine... a 6088m, de quoi tordre l'estomac,vider les poumons et faire imploser la tete. Tout un programme, quoi. Depart de La Paz pour le premier refuge,a 4800m tout de meme,accessible en voiture (quel pays de fou). Pour nous accompagner, 5 japonais (dont l'un rentre dans le cercle prestigieux du top 3 des plus gros boulets rencontres)et un anglais.

Du Huayna Potosi, on nous avait dit: "tranquillou pilou les enfants, c'est qu'une petite promenade en altitude". De 2 choses l'une, soit celle qui a dit ca n'y est pas alle,soit elle s'est tres severement foutu de notre gueule, les 2 possibilites etant equiprobables, voire complementaires. Si cette petite colline reste l'un des 6000m les plus abordables au monde, il vaut mieux pas y aller en short, et encore moins en tatanne. Nous, c'est equipes de piolets, crampons, doudounes en peau de Lama retournes et par-vent en peau de bolivien age et ride que l'on y va !!!

La premiere journee est consacree a l'entrainement sur glacier. Pour monter la haut, il faut en effet en passer par une bonne grosse marche en crampon, aggrementee ca et la de belles parois a escalader au piolet... On apprend donc les rudiments de l'escalade et du rappel en glacier, de l'utilisation du piolet en paroi et des bonnes vieilles glissades quand on fait trop le malin (et je parle de moi bien sur)... Une apres midi riche en apprentissage en tout cas, et c'est fourbu (on est quand meme a 4900m !!!) que l'on rentre au refuge tandis que le soleil qui se couche, le veinard, donne aux montagnes qui nous entourent un petit air de reviens-y...

... et ca tombe bien puisqu'on y retourne le lendemain, un peu fatigue de la mauvaise nuit. En tout cas pour moi, je dors mal en altitude. Perrine, elle, ronfle comme un guide de haute montagne. Au programme, montee vers le second refuge, dit "d'altitude" puisqu'il culmine a 5300m. En fait de refuge, une espece de yourte (et non pas yaourt,je confonds souvent) en tole, plus que sommaire, mais qui abrite du vent et offre un panorama superbe sur la vallee et le glacier. Au terme d'une rude montee de 4 h dans la caillasse,le dos croulant sous des sacs trop plein du matos de glacier et les pieds prisonniers des grosses godasses bien reloues, on arrive donc dans ce petit paradis montagnard, et l'on profite de la fin d'apres midi jusqu'a... 18h,heure du dodo. A 5300m,y'a pas de poules, mais si y en avaient, elles seraient surprises de nous voir coucher si tot. Amies poules, sachez que l'on a plusieurs bonnes raisons pour cela. La premiere, et non la moindre,est que l'on se leve a 23h30 pour partir... C'est tot, me diriez vous, amies poules, si vous existiez et que vous pouviez parler, mais je vous repondrais que non. C'est tard quand on ne peut pas dormir. Entre le guide (le vrai, pas Perrine) et son pote japonais qui nous offre une serenade a decorner les poules (si elles existaient et qu'elles avaient des cornes), l'odeur subtile de pieds, japonais qui plus est, maceres dans un jus de chaussettes, odeur d'ailleurs masquee par les relents de gastro au sushi, et le bon vieux sorroche qui vous fait vriller la tete et le bide, dur dur de dormir. Surtout quand il faut 3 bonnes inspirations pour 1 centilitre d'air... C'est donc en liberateur que Luis, le guide, nous reveille vers 00h00 pour un depart en fanfare a la bougie...

Rapidement, le silence s'installe sur le glacier, trouble uniquement par le souffle court de la cordee... La lueur des frontales ne perturbent nullement le scintillement des etoiles qui se refletent sur la blancheur fantomatique de la glace enneigee. Au loin, des eclairs illuminent succintement le ciel, revelant la presence d'une mer de nuage en dessous de nous. C'est magique... mais ca monte. Doucement d'abord, 5400m, 5500m, 5600m, j'arrete la, vous savez compter... Le cerveau fait durement sentir qu'il n'apprecie pas le traitement, et l'estomac le relaie. Les premiers abandons apparaissent aux pieds du premier mur,a 5700m et apres quelques 3h de marche... Perrine s'en va, vaincue par l'altitude... Avec elle un anglais et une poignee de japonais. Les cordees changent,mais pas l'objectif, et on attaque le premier passage difficile, une quarantaine de metres a la vertical, au piolet... Ca lutte,ca tire, ca plante du crampon, ca derape, mais ca finit par passer. En sueur, malgre les 0 degres locaux, et le souffle court, on recupere sur l'arete, a 5800m mas o menos. Mais deja, il faut repartir vers le sommet. Les 2 japonais de la cordee sont plus proches de la mort qu'autres choses, et la traversee du haut plateau prend des airs de "marche de l'empereur", d'autant qu'un vicieux petit vent froid s'est leve. Le sorroche revient et met un japonais a genou... Mais il ne faut pas abandonner: un abandon et c'est toute la cordee qui redescend. J'en profite pour saluer le courage des 2 japonais, morts plus que vifs, terrasses par le sorroche et une bonne vieille turista, qui sont aller au bout. Marrants, d'ailleurs (enfin pour moi), cette turista en pleine montagne. Une dizaine de pauses baños pour mes amis du soleil qui se leve... De quoi se rappeler "un roi sans divertissement" et ses taches rouges sur le blanc immacule de la neige... Sauf que la c'est pas rouge... M'enfin bon, bon gre malgre, le souffle court et le reste en choux-fleur (comprenne qui pourra), on arrive finalement en vue du final. Et quel final... 200m de paroi enneigee, entre 5900 et 6088m (aux erreurs de calculs pres)... Un calvaire apres 6h de marche. L'arrivee au sommet en vaut la chandelle,avec sa vue superbe sur une mer de nuages... Mais le froid ne permet pas d'epiloguer sur la beaute des lieux. Par -30 en plein vent, on prend une photo,on se congratule, et on plonge en rappel dans la descente. Le mot "plonge" est d'ailleurs bien choisi puisqu'on se paye le luxe d'une bonne glissade de 50m environ apres un devissage du guide... Mais bon, ce n'est qu'anecdotique,comme la descente qui nous rammene au refuge, puis a La Paz, les jambes et le reste sciees par un 6000m ...

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Commentaires sur cet article
Parrain (de Perrine évidemment et fier de l'être!!)
j'ai beaucoup d'estime pour les gens qui ont du cran et là je crois qu'il vous en fallu beaucoup pour ce 6000 (et des broutilles, si j'ose!!), même si Perrine a arrêté un peu avant, ce que dans ce cas je peux parfaitement comprendre et partager. Encore bravo, même si c'est avec un (léger) retard (c'est le décalage!!!). Et aussi merci pour la carte (toujours ce petit décalage) ... et les chausettes (j'ai pas encore essayé!!). Grâce aux photos rapportées par les parents on a participé à un petit bout de votre voyage. Quant est-ce que vous y retournez (pas sur le 6000, mais au machu pichu par ex.)?
Gros bisous à tous les deux et à bientöt ... à 170 m d'altitude!!!
 

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