... de construire leurs maisons aussi haut. On a pas idee de se taper 2 jours de marche pour aller acheter du lait. Mais j'anticipe.
Apres une nuit penible de bus (les peruviens soint des nains, et les bus sont adaptes a leur petite taille), l'arrivee sur Cusco est pour le moins... humide. On aurait presque oublie qu'on est en pleine saison des pluies si le ciel n'avait pas deverse des baignoires de flottes sur mon maigre corps, des la descente du bus. Connard de ciel, va. Le passage a Cusco est aussi court qu'intense, et ausi intense qu'humide. On doit en effet se faire un treck de 5 jours avant Noel, et Noel est dans 6 jours... L'objectif: Le site de Choquequirao, perdu dans la montagne, a la lisiere de l'Apurimac. Son nom signifie "Berceau de l'or", mais on l'appelle generalement le Machu Pichu 2. Personnellement, je l'appellerai plutot: LeMachuPichusanslahordedetouristes. C'est un peu long, mais ca fait Quechua. En effet, alors que le Machu Pichu, en basse saison, acceuille 2000 visiteurs par jour, on etait 2 au choquequirao. Mais la encore, j'anticipe. Pas de route (ni de train) pour se rendre sur le site, seulement 2 jours de marche et 1500 m de denivele, ce qui limite severement le nombre d'americains gras en short avec reflex numerique en bandoulliere, le T-shirt tache de coca (cola) et de bouts de frites grasses et molles. Surtout pendant la saison des pluies ou le treck est repute dur et dangeureux... Jeunes et Insouciants que l'on est, on y va quand meme, et sans guide. En effet, les agences, c'est comme les poils... (merci Fabien pour cette phrase que j'adore). Une petite matinee a se surcharger de pates 3 min et autres soupes, sans oublier les 10 litres d'eau, et nous voila partis pour Cachora, via 4 heures de bus au milieu d'une nature certes hostiles, mais magnifiques...
Cachora, premiere etape, un petit village isole, accessible par un petite piste qui se transforme en torrent par grandes pluies, ou nous sommes accueillis comme des princes (que l'on est par ailleurs). On y retrouve Alberto et Ballo, respectivement un arriero et sa mule, qui nous accompagnerons. Premiere nuit dans le village, entouree de sommets enneiges a 5000m voire 6000m, qui veilleront sur notre sommeil...
Jour 1: " Putain qu'il est loin ce fleuve a la con ". En fait de Fleuve a la con, il s'agit de l'Apurimac, fleuve sacre entre tous ("Dieu Parle" en Quechua) qui donne vraisemblablement naissance a l'Amazone... Respect. C'est vrai qu'il est loin, ce con, mais le trajet a flanc de montagnes, sous une vegetation tropicale vaut largement le coup. C'est la saison des pluies (on le saura), et les montagnes vertes s'ornent pour l'occasion du blanc des nuages qui s'accrochent a la vegetation. Il en ressort une atmosphere surrealiste de chasse au tresor (toujours "A la recherche du diamant vert" pour les connaisseurs). D'un point de vue moins esthetique, on est trempe jusqu'aux coui... enfin jusqu'au cou quoi. Bon, pour etre honnete, il n'a pas plu le premier jour, mais la phrase precedente me faisait marrer. Le chemin traverse villages et forets, cols et vallees pour nous ammener au coin du sus-nomme "Fleuve a la con" pour un campemant au milieu des poules, des dindons et des couilles. Sachez, chenapans qui vous offusquez de ce mot, qu'il designe en fait une espece de Hamster que les locaux se boulottent a l'occasion. Ce faisant, on peut donc dire qu'ils se bouffent les couilles (desole maman, la tentation etait trop grande).
Jour 2: Les paysages sont a couper le souffle... Mais sur cette premiere portion, les paysages, on s'en bat les hamsters (pour ceux qui ont suivis). Depart a 5h pour 5h de montee. Et ca monte, croyez moi... 1500m que ca monte meme, avec ce p... de sac de m... qui me broie le dos. Je compatis avec Ballo (la mule). Elle et moi sommes les 2 seuls cons a porter la bouffe et la flotte (surtout elle ...). La montee monte, il faut reconnaitre qu'elle est coherente, monte, monte et n'en finit plus de monter... C'est elle qui m'a inspire le titre de cet article. Mais l'arrivee est superbe. Au detour d'un virage, on les vois... les ruines de Choquequirao. Decouverte il y a 20 ans, elles sont encore a l'etude, et on estime que 20% seulement du site a ete decouvert. C'est dire l'immensite du site qui serait plus grand, et de loin, que le Machu Pichu. Plus ancien egalement selon certain. Pour le petit point historique, l'idee en vogue serait que les Incas, fuyant le Machu Pichu ou ils ne se sentaient plus en securite, seraient venus se refugier dans la vieille citee de Choquequirao, detruisant derriere eux toutes les voies d'acces. En tout cas, le site n'a jamais ete decouvert...
Apres la montee, une petite cerveza et ca repart, pour visiter la partie haute du site, la Plazza. Superbe, etonnant, magnifique, inexplicable, touchant, troublant... Je vais pas vous le decrire plus. Ca serait naze. Pis vous aurez pas de photos non plus, l'appareil (qu'on a pourtant paye assez cher) ne prend pas de (bonnes) photos. Ca laissera un peu de mystere sur ce site mysterieux qui souffrira a n'en pas douter des memes travers que le Machu Pichu d'ici qq annees... D'ici la, precipitez vous. Visitez seuls des ruines incas de cette taille, ca devient rares et precieux....
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